Indian Durban

 

La famille Ani, Phoenix City, Durban (E.Versace/ France 24) 


Après avoir regardé le match d’ouverture dans le township de Soweto, pris un cours de cuisine Afrikaans, le temps était venu de rendre honneur à la minorité silencieuse de l’Afrique du Sud : la communauté indienne.
 

 
 

Vidéo : E.Versace/ France 24 (Regardez la 1ère partie "Finding Durban" sur YouTube)

  

Il y a 150 ans cette année, des Indiens débarquaient par milliers dans le port de Durban. Ils étaient recrutés par la compagnie des Indes britanniques pour cultiver et récolter la canne à sucre dans la région du Natal, aujourd'hui le KwaZulu-Natal. Aujourd’hui, leurs descendants constituent la première communauté d’Indiens expatriés de l’hémisphère sud, la seconde au monde après celle du Royaume-Uni.
 
Au nord, dans les hauteurs de la ville, plusieurs townships indiens construits pendant les années de l’apartheid, hébergent encore une grande partie de la communauté indienne. Au total, elle représente plus de 30% de la population locale à forte dominance zulu. Au cœur de Phoenix City, township bâti en 1976, l’ambiance du sous-continent est présente dans tous les détails. Cuisine au curry, épices, langue hindi, accent très prononcé, temples hindou et bouddhiste se mêlent aux églises catholiques et aux mosquées… Si l’apartheid y est pour beaucoup dans la conservation de leur culture en l’ayant isolée des autres, le repli identitaire de ces dernières années compte également pour beaucoup.
 
Pendant des décennies, les Indiens se sont trouvés écrasés entre d’un côté, la majorité zoulou et de l’autre, la brutalité du régime raciste. A l’avènement de la démocratie à laquelle ils ont grandement œuvrée, les Indiens pensent, aujourd’hui, être les victimes du nouveau régime en place. Depuis son élection au pouvoir, l’ANC fait de l’insertion des populations noires sa priorité par l’ « Affirmative Action » (la discrimination positive). Au même tire que les Blancs, les Indiens passent donc après dans l’ordre de priorité à l’embauche. Cette loi attire donc une certaine méfiance des Indiens à l’égard des populations noires voire, dans certains cas, du racisme. Ainsi, certains Indiens qui ont vécu au temps de l’apartheid, en arrive même à regretter cette époque.